
Architecture et céramique, un duo gagnant
Été 2022. Cela faisait déjà au moins deux ans que la visite de Clay était laissée pour « une autre fois ». Habituée à Trapholt et à sa belle collection de céramiques, je ne pouvais m’imaginer un tel musée dédié à cette activité, géographiquement si proche de Trapholt.
Enfant, je faisais de la céramique dans le même atelier où j’apprenais la peinture sur toile et sur porcelaine. J’en ai repris la pratique en 2019, à Paris, décrétant à moi-même que, oui, j’avais le temps.
Clay est un espace qui réunit deux de mes passions : l’architecture et la céramique. Quel bonheur !
Middlefart, jolie ville du Jutland
Nous nous sommes garées un peu plus loin, à distance de marche du musée. Middelfart est une très jolie ville et nous nous sommes promenées en profitant du cadre romantique et fleuri qui se présentait à nous, des petites rues bordées de maisons colorées à deux étages et couronnées de toitures à deux pentes. Certaines des maisons ont littéralement pignon sur rue.
Il faut savoir qu’au Nord de l’Europe, il ne fait pas si beau et si ensoleillé, même en été. Je dis cela surtout à mes lecteurs du Grand Sud. Un petit gilet et un parapluie sont des accessoires nécessaires à une promenade par ces contrées.
Ce jour-là, la météo se présentait typiquement danoise. Le temps était changeant et montrait un nouveau visage chaque deux heures, alternant la bruine, la grisaille, des éclaircies et des moments où le soleil perce jusqu’à la mer. Cela nous rend reconnaissants pour chaque minute vécue et c’est plutôt une bonne chose.

Clay Museum et son architecture
Clay nous attendait. De prime abord, on ne s’imagine pas l’ampleur de cet équipement dédié à l’art de la terre.
La villa originale, classée, abrite le musée depuis plusieurs années. Ce bâtiment à la toiture découpée, qui entre en contact étroit avec le ciel, donne face à la mer, sur un bras de fjord assez étroit. Le musée a été rénové et étendu récemment. L’ensemble compte mille mètres carrés de surfaces anciennes rénovées et mille cinq-cents mètres carrés d’une extension remarquablement conçue, une extension qui se veut « Louisianienne ».
Des céramiques contemporaines et historiques
L’accès se fait par la villa, où est exposée la collection de céramiques contemporaines utilitaires. A côté des caisses, une boutique bien garnie en pièces élégantes, surtout en grès clair, et le jardin d’hiver, une serre aménagée de façon à recevoir une très longue table sur laquelle est disposé la vaisselle, comme pour l’heure du thé. Une merveille, on se sent accueilli.
La visite se prolonge en souterrain à travers une très grande galerie dédiée aux expositions temporaires. Quelle jolie parabole que de descendre en profondeur dans la terre pour connaitre plus sur cette matière qui nous est si proche !
Une seconde grande galerie, toute blanche, prolonge cette première qui opère la transition avec les espaces existants de la villa.
La grande galerie blanche, très lumineuse, profite d’une vue imprenable sur le fjord de Middelfart et sur le pont métallique aux airs de San Francisco du Grand Nord. L’espace est en partie dédié aux expositions temporaires et à la collection permanente de pièces sculpturales contemporaines qui sont disposées face au fjord.
Clay est un haut lieu de la céramique contemporaine.

L’histoire par la vaisselle
En poursuivant le parcours, nous nous retrouvons face à la riche collection de pièces anciennes retraçant toute l’histoire de la vaisselle et de la céramique danoises depuis presque trois cents ans.
Cet espace d’histoire a été aménagé dans des salles sombres disposant de vitrines éclairées.
On y trouve notamment une très belle et imposante collection de porcelaines Royal Copenhaguen, qui fournissent la famille royale en particulier, et toutes les familles danoises en général. L’établissement existe depuis 1775. C’est seulement depuis quelques années que la fabrication de ses modèles mythiques blancs texturés et peints en bleu à la main, ont été délocalisés en Chine.
Il est très courant de trouver de la porcelaine « royale » dans les maisons danoises. C’est identitaire. Même les férus de design moderne et contemporain succombent à la douceur rassurante de ces pièces blanches peintes en bleu « royal », moi il comprit.
L’une des tantes de H. était peintre dans les ateliers Royal Copenhaguen. Quand H. et moi trouvons des porcelaines anciennes de la marque durant nos chasses aux pièces de seconde main, nous regardons toujours en dessous les initiales de celui ou de celle qui l’a peint, dans l’espoir de dénicher une œuvre de cette tente que H. chéri particulièrement.
Des grandes références de la céramique danoise
Reprenons la visite des salles historiques. Ensuite viennent les trésors du vingtième siècle : Axel Salto, Tove anderberg, Bente Hansen, Nils Kähler, Nils Thorsson, Eva Sjøgnen, Arne Bang, Gertrud Vasegaard, Inger Rokkjaer, Finn Lynggaard entre autres céramistes célèbres. J’ai l’espoir que ces noms gutturaux vous transportent un peu là où est mon cœur quand j’écris ces quelques lignes.
C’est magique ce que l’Homme peut faire quand il est guidé par sa puissance de créer. Entre la céramique et l’art verrier, je tire la révérence aux créateurs et designers danois qui ont su, et qui savent toujours, transformer la terre et le sable en objets à la fois utilitaires et contemplatifs.
Une grande fresque de Lin Utzon
Revenons au bâtiment. Une fois visité ce très grand espace donnant face à la mer, le dernier du musée, nous sommes invités à emprunter l’escalier localisé à droite de cette grande galerie. Une fresque de Lin Utzon nous accompagne dans la montée de ces marches qui nous amène à la cafétéria du musée, au rez-de-chaussé. Il s’agit de la fille de l’architecte Jørn Utzon, concepteur de l’opéra de Sydney.
Depuis le haut de cet escalier, nous avons, à mon avis, l’une des plus belles vues du musée, une vision dramatiquement étroite, sur deux étages très hauts, plongeant vers les sculptures contemporaines et le fjord en contrebas.
Fjord et grand volume, une cafétéria sobre et lumineuse, une belle façon de terminer la promenade muséale et revenir en surface.
Louisiana a semé dans les esprits, pour notre plus grand bonheur.
Sur l’auteur : Ingrid de Rio Campo, créatrice et designer espaces et objets
Passionnée d’architecture, des villes et d’art, je crée à l‘échelle « macro » et « micro : des objets exclusifs – céramiques et dessins à base de terre, des « land drawings » et des espaces inclusifs – des habitats et des espaces de travail, comme une seconde peau et des aménagements urbains ancrées dans le relief naturel. La sanctuarisation de la nature – l’écologie – et l’équilibre psychologique de l’utilisateur, entre dynamisation et sérénité – l’ergonomie, l’écologie humaine – sont au centre de mon approche.
Que vous ayez le désir d’avoir un objet unique et naturel chez vous ou que vous souhaitiez transformer les lieux dans lesquels vous évoluez, prenez contact.
Je propose aux professionnels et aux particuliers des diagnostics des espaces, débouchant sur des propositions de mise en couleur, de matières et des améliorations ergonomiques.
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